De l’impasse référendaire au paradigme de l’autonomie : convergence stratégique et recomposition géopolitique au Sahara occidental marocain

Moulay Driss EL IDRISSI

DOI : https://doi.org/10.65040/remeje.2026.022634

L’article analyse la transition paradigmatique du conflit du Sahara occidental marocain, marquée par l’abandon du plan de règlement de 1991 au profit de l’initiative marocaine d’autonomie (résolution 2797). Cette mutation s’inscrit dans un cadre post-Guerre froide où les modèles de décolonisation classique sont confrontés aux impératifs de stabilité régionale.
La recherche examine comment l’épuisement structurel du mécanisme référendaire a favorisé l’émergence d’un paradigme d’autonomie, validé par la convergence entre une stratégie de souveraineté interne et une recomposition de la realpolitik internationale.
Adoptant une posture ancrée dans le néoréalisme et la sociologie des relations internationales, l’étude analyse les dynamiques endogènes (institutionnalisation démocratique) et exogènes (géopolitique de la consécration).
L’argumentation repose sur le concept “d’aporie technique” : l’impossibilité de stabiliser un corps électoral au sein de structures tribales a rendu le référendum obsolète. Le Maroc a substitué à cette impasse une “souveraineté internalisée” par le haut (régionalisation avancée) et par le bas (participation électorale dépassant 70-80 %), transformant l’autonomie en une réalité administrative tangible. Parallèlement, le basculement des puissances pivots (Etats-Unis, Espagne, France) témoigne d’une “géopolitique de la consécration” privilégiant la stabilité sahélo-atlantique face au risque d’un Etat défaillant. L’autonomie est désormais perçue comme la forme moderne de l’autodétermination, conciliant intégrité territoriale et gouvernance locale.

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